Nos racines
Deux îles, une fleur, une famille
Entre Nosy-Be et Mayotte, trois générations de la famille Fidaly ont grandi au parfum de l'ylang-ylang. Aujourd'hui, nous formons le pont entre les deux îles sœurs.
Relancer une filière d'huile essentielle, c'est réarmer une chaîne de valeurs humaine, technique et agricole.
Deux îles au parfum
Nosy-Be et Mayotte, héritières de l'ylang-ylang
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Tout commence loin d'ici, aux Moluques, à l'est de l'Indonésie : c'est là que naît l'ylang-ylang, Cananga odorata. Jusqu'au début du XXe siècle, Manille, aux Philippines, détient presque le monopole mondial de son huile essentielle.
En 1770, de retour d'une expédition française dans le Pacifique, le capitaine d'Etchevery rapporte des épices et des plantes à La Réunion : l'ylang-ylang prend racine dans l'océan Indien. Il gagne ensuite Madagascar, puis les Comores, Anjouan et Mayotte.
Sur l'île d'Anjouan, en 1845, naît la Société Bambao : peu à peu, l'archipel devient une terre de parfum.
Sources : C. Benini et al., Biotechnol. Agron. Soc. Environ., 2010 ; neosent.fr
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Au début du XXe siècle, la culture de l'ylang-ylang prend son essor à Madagascar, dont le climat et les sols lui conviennent particulièrement. Sur les sols volcaniques de Nosy-Be, la SPPM plante l'ylang-ylang et bâtit sa distillerie à Ampasymenabe, à quelques kilomètres de Hell-Ville.
Ylang-ylang, vétiver, clou de girofle, citronnelle : ses alambics distillent encore aujourd'hui les parfums de l'île.
Sources : C. Benini et al. (2010) ; neosent.fr ; L'Express de Madagascar
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Né à Nosy-Be en 1907, Fidahoussen Kakal a fondé en 1939, à Majunga, une société d'importation. En 1958, on lui propose de racheter le domaine agro-industriel de la SPPM, une société coloniale française, ainsi que sa succursale de Mayotte.
Un enfant de Nosy-Be reprend ainsi en main l'ylang-ylang des deux îles.
Sources : cananga.net
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Sept ans après le rachat, Fidahoussen Kakal est devenu le premier producteur d'essence d'ylang-ylang de Madagascar.
Les fleurs cueillies au petit matin dans les plantations de l'île prennent le chemin de Grasse, la capitale du parfum, où les parfumeurs comptent parmi ses clients.
Sources : cananga.net
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Ismail Kakal détache la succursale de Mayotte de sa maison mère malgache et crée la Société des Produits à Parfums de Mayotte.
L'ylang-ylang mahorais a désormais sa propre maison, et l'île s'apprête à vivre l'âge d'or de sa fleur.
Sources : cananga.net
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Envoûté par l'ylang-ylang depuis ses débuts de parfumeur, Jean-Paul Guerlain a parcouru le monde à la recherche de la qualité la plus rare. En 1991, il s'installe à Mayotte comme producteur, et baptise l'île « l'île aux parfums ».
Ce sont les années d'or : la filière couvre plus de 1 100 hectares, l'île exporte jusqu'à 20 tonnes d'huile essentielle par an, et l'ylang-ylang permet à de nombreuses familles mahoraises de faire étudier leurs enfants. En 2000, Guerlain dédie à l'île son parfum « Mahora ».
Sources : préface de J.-P. Guerlain (M. C. et Y. Moatty, Les Deux Océans) ; Mayotte Hebdo ; neosent.fr ; Kassim Fidaly
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En 1986, Gamil Kakal prend la direction de la société, qui se tourne vers les matériaux, la quincaillerie et l'équipement.
En juin 2001, elle prend le nom de Cananga, comme le nom botanique de l'ylang-ylang, Cananga odorata : la fleur dont elle est née.
Sources : cananga.net
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Après le départ de Guerlain, la fleur tombe en désuétude : main-d'œuvre trop chère, huiles frelatées, départ des parfumeurs de Grasse et de Paris. Sans acheteurs, beaucoup de producteurs arrachent leurs ylangs pour cultiver la banane et le manioc.
Le déclin devient brutal avec la départementalisation de Mayotte, en 2011 : le coût de la main-d'œuvre, aligné sur le salaire minimum français, fait flamber les coûts de production, tandis que les jeunes quittent les campagnes et ne reprennent pas les exploitations.
Sources : Mayotte Hebdo ; C. Benini et al. (2010) ; Kassim Fidaly
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Pour que l'ylang-ylang survive, quelques familles ouvrent leurs plantations au public. Hassani Soulaimana crée Aromaoré et fait découvrir la fleur, de l'arbre jusqu'à l'alambic.
Une dizaine d'années plus tard, Anwar Soumaila Moeva transforme son exploitation de Tsingoni en lieu d'accueil : le Jardin d'Imany.
Sources : Kassim Fidaly ; Mayotte Hebdo
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En 2017, l'ylang-ylang de Mayotte ne couvre plus qu'environ 130 hectares, et la production destinée à l'export est réduite à néant. Nos Anciens, gardiens de ce savoir-faire, nous quittent peu à peu.
Aujourd'hui, on estime qu'il reste quelque 80 hectares d'ylang-ylang sur l'île. C'est cette filière que Neosent veut relancer.
Sources : Kassim Fidaly
Le regard d'un parfumeur
Le parfumeur Jean-Paul Guerlain a parcouru le monde en quête de l'ylang-ylang le plus rare. Envoûté par la fleur, il raconte la fin de sa quête :
Puis un jour, j'ai posé mes valises dans un coin perdu d'Afrique, à Mayotte.
C'était en 1991 : il s'y installe comme producteur.
Les Fidaly
Trois générations, de la fleur à l'huile
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1re génération
Fidaly Nadjimoudine
Né le 28 février 1913, il cultive le café et l'ylang-ylang à Nosy-Be.
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2e génération
Taher Fidaly
Son fils diversifie l'activité familiale dans les années 1980 : textile, alimentaire, quincaillerie.
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3e génération
Younous et Kassim Fidaly
Dans les années 2000, Younous réhabilite les terres et crée Ylang-Ylang Nosy-Be : 25 000 pieds et plus de dix producteurs associés. En 2019, Kassim le rejoint pour innover.
Nous sommes la troisième génération de distillateurs d'ylang-ylang de la famille, et nous formons le pont entre Nosy-Be et Mayotte. Avec Tasnime, la quatrième génération prend déjà la relève.
Le geste
De la fleur à l'huile, chaque détail compte
La relève
La récolte de l'huile
Tasnime recueille les toutes premières fractions de l'huile essentielle à la sortie de l'alambic. À Nosy-Be, soigner le fractionnement est primordial, notamment dans la première heure de distillation : il permet de récolter l'Extra (« Extraordinaire ») et de satisfaire les demandes les plus exigeantes.
À Mayotte, son terroir unique permet de récolter l'Extra S (« Extraordinaire Supérieure »), et ce pendant plus de 2 heures : une richesse indéniable de notre île !
Le chemin de Kassim
De la chimie à l'entrepreneuriat durable
Dans les années 2000, la famille tient la Maison FNT, fruit de la diversification des activités des Fidaly. Elle est devenue aujourd'hui Super Zenaby Store, l'une des grandes enseignes de bricolage et de quincaillerie de Nosy-Be.
Kassim quitte Nosy-Be pour étudier la chimie à Toulouse puis à Paris, jusqu'à une thèse en photochimie. Il travaille ensuite chez Mettler Toledo, dans l'automatisation de la chimie.
En 2019, il revient à Nosy-Be pour innover dans la distillerie familiale, puis crée Neosent à Mayotte. L'enseignement lui tient beaucoup à cœur, mais sa raison d'être, c'est relancer la filière ylang-ylang de Mayotte : innover pour préserver toute une histoire, et cultiver la passion qui l'anime chaque matin.
Sa vision : une filière où chaque acteur est expert dans son domaine. « Relancer une filière d'huile essentielle, c'est réarmer une chaîne de valeurs humaine, technique et agricole. »
Mayotte, l'île sœur
Préserver ce qu'il reste, et le faire grandir
À Mayotte, Hassani Soulaimana (Aromaoré), un ami que Kassim considère comme un frère, fait vivre l'agritourisme de l'ylang-ylang et continue de promouvoir la filière.
C'est avec des passionnés comme lui que Neosent veut relancer l'ylang-ylang de Mayotte.
Notre projet de distillerieSentez l'ylang-ylang de Mayotte
Huiles essentielles, parfums et cosmétiques, préparés selon un cahier des charges précis.